Archives de catégorie : Publications

La fabrique des réputations – Réputation et marché

L’histoire de la réputation des produits, de l’origine et des marques offre un éclairage original sur les transformations de l’économie, le comportement des consommateurs et l’histoire des marchandises.

Ouvrage dirigé par Stefano Magagnoli (Université de Parme) et Philippe Meyzie (Université Bordeaux Montaigne).

 

Vin et architecture par dominique Ganibenc

Vin et architecture dans l’ancien Languedoc-Roussillon recense, analyse et s’interroge sur la création et le devenir du patrimoine vitivinicole de la région, construit depuis les années 1860. Patrimoine bâti composé d’une grande variété d’expressions qui va de la maison vigneronne à l’hôtel particulier, de la cave de village au bâtiment coopératif, et du mas au château viticole, le corpus s’enrichit également de paysages caractéristiques. Cet ensemble de représentations exprime la palette sociétale des possédants qui va du petit vigneron au propriétaire de grand domaine.

Le premier tome : De la genèse aux maîtres d’œuvre aborde la présence de la viticulture régionale depuis l’appréhension du substrat jusqu’à une connaissance approfondie des terroirs. Il fait part des crises qui atteignent le monde viticole et de son développement binaire qui en découle avec la présence de vignerons indépendants et de coopérateurs. Les organismes et associations qui ont pris part à cette épopée : syndicats, Crédit Agricole, Services Agricoles, Génie rural sont traités ainsi que les maîtres d’œuvre et les décorateurs qui bénéficient d’un recensement et du dénombrement de leurs réalisations. 

Le deuxième tome : Typologie, architecture, patrimoine et œnotourisme analyse en premier lieu les divers sites, tant privés que coopératifs, de l’industrie vinicole à travers la typologie et les éléments constitutifs. L’application des styles architecturaux sur les diverses constructions (privées et coopératives) du monde vitivinicole ainsi que la démarche des principaux maîtres d’œuvre conduit au questionnement des apports et des rapports architecturaux avec le bâti existant auquel elles sont confrontées. 

Enfin, l’ouvrage aborde la reconnaissance du patrimoine vitivinicole en évoquant les organismes de protection, les diverses réalisations, bâties ou paysagères (maisons vigneronnes, chais, châteaux viticoles, coopératives, vignobles de coteaux, de plaine, du littoral). Il fait part de sa place dans l’œnotourisme, et des menaces qui pèsent sur lui : montée des eaux induit par le réchauffement de la planète, extension des villes, rétraction du vignoble qui engendre la désaffectation de nombreuses unités.

Dominique Ganibenc, Vin et architecture dans l’ancien Languedoc-Roussillon, Montpellier, Presses Universitaires de la Méditerranée, 2021, 2 tomes, 854 pages.

Dominique Ganibenc est docteur en Histoire de l’art contemporain, spécialiste de l’architecture et du patrimoine vitivinicole français. Il travaille actuellement à la réalisation d’un ouvrage portant sur l’architecture vinicole en Gironde au XXe siècle.

Vignoble et vin de cahors 1650-1850 – Sophie Brenac-LAFON

Des années 1650 au milieu du XIXe siècle, le territoire de production du vin de Cahors connut une période d’expansion et de changements liée au dynamisme du port de Bordeaux. L’espace viticole s’étendit au-delà de la ville couvrant les campagnes du Quercy de part et d’autre du Lot. La croissance démographique enclenchée au XVIIe siècle favorisa les défrichements et la mise en culture de nouvelles terres. Cette tension sur les ressources se retrouve dans les structures foncières caractérisées par une extrême parcellisation. Au XVIIe siècle, la vigne, remarquablement bien implantée, restait une culture secondaire pour la plupart des catégories sociales, puis au cours du XVIIIe siècle, les hommes s’orientèrent massivement vers la production de vin afin de répondre à l’appel du marché. Cet investissement se traduisit par l’encépagement des terres traditionnellement destinées aux céréales et par de meilleurs soins apportés aux vignes. En cherchant à satisfaire une demande extérieure relayée par les négociants des Chartrons, les Quercinois privilégièrent le cépage auxerrois, appelé aujourd’hui malbec, assurant ainsi l’élaboration d’un vin rouge presque noir. Sa commercialisation vers l’Europe du Nord et les Antilles en fit un produit vulnérable au tournant du XVIIIe siècle. Malgré une conjoncture difficile à la fin de l’Ancien Régime, le vignoble poursuivit sa progression dans la première moitié du XIXe siècle. L’omniprésence des activités viticoles conféra une identité spécifique à ce territoire encore réelle aujourd’hui. À la fois vignoble suburbain, populaire et bourgeois, et vignoble paysan, le vignoble de Cahors offre un modèle original qui se différencie de nombreuses régions viticoles étudiées jusqu’alors.

  • Édition : Première édition
  • Éditeur : Publications de la Maison des sciences de l’homme d’Aquitaine
  • Support : Livre broché
  • Nb de pages : 472 p.
  • Bibliographie . Notes .
  • ISBN-10 2858926220
  • ISBN-13 9782858926220

Introduction générale, 13
Première partie – Le vignoble de Cahors : terrRRitoire, société, dynamiques
Introduction, 29
Chapitre 1 – Le territoire des vins et du vignoble de Cahors, 31
Chapitre 2 – Propriété et mise en valeur du sol, 65
Chapitre 3 – Dynamiques et géographie du vignoble
Deuxième partie – Essor et identité d’un pays viticole
Introduction, 149
Chapitre 4 – Les exploitations viticoles, 151
Chapitre 5 – Une viticulture traditionnelle en mouvement (1650-1850), 183
Chapitre 6 – Identité vigneronne, 239
Troisième partie – Vins de Cahors : production, consommation, enjeux économiques
Introduction, 297
Chapitre 7 – Produire et consommer le vin, 299
Chapitre 8 – Commercialisation du vin et enjeux économiques, 353
Conclusion générale, 413
Sources et archives, 421
Sources imprimées et bibliographie, 433
Table des abréviations, 457
Table des conversions, 459
Table des matières, 461
Collection « Vins, vignes et civilisations », 469

https://www.lcdpu.fr/livre/?GCOI=27000100331650&fa=details

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Des années 1650 au milieu du XIXe siècle, le territoire de production du vin de Cahors connut une période d’expansion et de changements liée au dynamisme du port de Bordeaux. L’espace viticole s’étendit au-delà de la ville couvrant les campagnes du Quercy de part et d’autre du Lot. La croissance démographique enclenchée au XVIIe siècle favorisa les défrichements et la mise en culture de nouvelles terres. Cette tension sur les ressources se retrouve dans les structures foncières caractérisées par une extrême parcellisation. Au XVIIe siècle, la vigne, remarquablement bien implantée, restait une culture secondaire pour la plupart des catégories sociales, puis au cours du XVIIIe siècle, les hommes s’orientèrent massivement vers la production de vin afin de répondre à l’appel du marché. Cet investissement se traduisit par l’encépagement des terres traditionnellement destinées aux céréales et par de meilleurs soins apportés aux vignes. En cherchant à satisfaire une demande extérieure relayée par les négociants des Chartrons, les Quercinois privilégièrent le cépage auxerrois, appelé aujourd’hui malbec, assurant ainsi l’élaboration d’un vin rouge presque noir. Sa commercialisation vers l’Europe du Nord et les Antilles en fit un produit vulnérable au tournant du XVIIIe siècle. Malgré une conjoncture difficile à la fin de l’Ancien Régime, le vignoble poursuivit sa progression dans la première moitié du XIXe siècle. L’omniprésence des activités viticoles conféra une identité spécifique à ce territoire encore réelle aujourd’hui. À la fois vignoble suburbain, populaire et bourgeois, et vignoble paysan, le vignoble de Cahors offre un modèle original qui se différencie de nombreuses régions viticoles étudiées jusqu’alors.

  • Édition : Première édition
  • Éditeur : Publications de la Maison des sciences de l’homme d’Aquitaine
  • Support : Livre broché
  • Nb de pages : 472 p.
  • Bibliographie . Notes .
  • ISBN-10 2858926220
  • ISBN-13 9782858926220

Introduction générale, 13
Première partie – Le vignoble de Cahors : terrRRitoire, société, dynamiques
Introduction, 29
Chapitre 1 – Le territoire des vins et du vignoble de Cahors, 31
Chapitre 2 – Propriété et mise en valeur du sol, 65
Chapitre 3 – Dynamiques et géographie du vignoble
Deuxième partie – Essor et identité d’un pays viticole
Introduction, 149
Chapitre 4 – Les exploitations viticoles, 151
Chapitre 5 – Une viticulture traditionnelle en mouvement (1650-1850), 183
Chapitre 6 – Identité vigneronne, 239
Troisième partie – Vins de Cahors : production, consommation, enjeux économiques
Introduction, 297
Chapitre 7 – Produire et consommer le vin, 299
Chapitre 8 – Commercialisation du vin et enjeux économiques, 353
Conclusion générale, 413
Sources et archives, 421
Sources imprimées et bibliographie, 433
Table des abréviations, 457
Table des conversions, 459
Table des matières, 461
Collection « Vins, vignes et civilisations », 469

https://www.lcdpu.fr/livre/?GCOI=27000100331650&fa=details

Ville et vin du XVe siècle à nos jours

Nous sommes très heureux de vous annoncer la publication du livre Villes & vin en France et en Europe du XVIe siècle à nos jours, dirigé par Stéphanie Lachaud et Marguerite Figeac-Monthus, aux Presses universitaires de Nouvelle-Aquitaine des éditions La Geste.
Cet ouvrage dresse à partir des territoires français et européens, à des époques différentes, toute une série d’études de cas s’articulant autour de trois axes : la relation entre la ville et son territoire viticole, la place du commerce du vin et enfin, le rôle du contrôle, de la norme et des identités culturelles.
La question de la relation entre l’espace urbain et son arrière-pays viticole, si elle est présente ici par le biais des monographies comparées assez neuves, se pose essentiellement, depuis le XVe siècle, en termes de flux, de transports, de voies de communication et d’intermédiaires humains. Cette union apparaît d’ailleurs sous une multitude de formes, qu’elles soient économiques, avec le développement de maisons de courtage, d’entrepôts ou de chais ; politiques, avec l’établissement de taxes et de règles bien précises ; paysagères avec des édifices dédiés ; culturelles autour de fêtes, de foires ou d’expositions. Au‑delà des échanges économiques immédiats et de l’exportation du vin par la voie maritime, dont le port de Bordeaux est emblématique, ce livre bien illustré montre toute la complexité et les dynamiques des liens qui unissent la ville au vin en France mais aussi en Europe sur le temps long. Le changement constant d’échelles géographiques est important pour comprendre les mécanismes unissant les identités urbaines et viti-vinicoles. Si Bordeaux, Reims, Beaune, Lyon mais aussi Gênes, Porto ou Malaga semblent des cités marquées par une culture du vin entendue au sens le plus large possible, qu’en est‑il d’Épernay, de Dijon, de Cognac mais aussi de Tokaj ou de Kőszeg sans compter des plus petites villes des vignobles du Rhénois ? Ce livre se propose ainsi d’offrir, à travers le temps et l’espace, un panorama presque complet d’exemples variés qui permettent de répondre à ces questions de construction et d’identité des systèmes économiques urbains et viticoles.

Les autrices
Marguerite Figeac-Monthus est professeure d’histoire à l’Université de Bordeaux (INSPE) où elle enseigne. Elle effectue ses recherches dans le cadre du Centre d’Études des Mondes Moderne et Contemporain (CEMMC). Elle est spécialiste des questions liées à la vigne et au vin aux XVIIIe-XIXe siècles.
Stéphanie Lachaud-Martin est maîtresse de conférences en histoire moderne à l’Université Bordeaux Montaigne depuis 2012. Elle est membre du CEMMC. Elle a codirigé plusieurs ouvrages collectifs sur l’histoire de la vigne et du vin. Ses travaux portent également sur les enjeux économiques du monde du vin et d’autres aspects du monde rural aquitain, avec des travaux sur les courtiers, les petites écoles rurales, la médecine, les paysans et le cadre de vie.

Ville & Vin – En France et en Europe du XVe siècle à nos jours
Prix : € 29,00
Année d’édition : 2021
Format : 19.3 x 26 cm
Isbn : 979-10-353-1081-3
Nombre de pages : 315
Éditeur : La Geste

http://www.gesteditions.com/puna/ville-vin-en-france-et-en-europe-du-xveme-siecle-a-nos-jours

Stéphanie Lachaud-Martin, “Les courtiers bordelais, intermédiaires de commerce du vin aux xviie-xviiie siècles”

Revue historique, 2018/2 (n° 686), p. 321-346.

Revue historique 2018 – n° 686

Pour lire l’article dans son intégralité : https://www.cairn.info/revue-historique-2018-2.htm

Résumé :

Le système du courtage des vins en France aux xviie et xviiie siècles reste soumis à des édits royaux mais aussi à des particularités régionales, liées à leur origine urbaine ancienne. Ainsi, si le courtage officiel disparaît en Champagne et en Bourgogne dans la seconde moitié du xviiie siècle, au profit des commissionnaires, il n’en est pas de même en Bordelais. Plus encore, les courtiers y ont occupé une véritable place dans la définition des hiérarchies et des qualités des vins, grâce à une recomposition complexe du corps des courtiers qui a été partagé entre les courtiers royaux et les courtiers brevetés mais qui s’est maintenu à une place importante, malgré l’activité de commissionnaires officieux, appelés courtiers volants. Il faut ici y voir un faisceau d’explications, en lien avec la professionnalisation du corps des courtiers en vin bordelais, mais aussi en rapport avec la mutation quantitative et qualitative du marché des vins. En effet, la bonne connaissance par les courtiers du vignoble et des vins, mais aussi leur rôle de défense des producteurs et de la qualité des productions de l’arrière‑pays viticole constitue un déterminant essentiel du maintien du courtage en Bordelais, au‑delà des mises en cause de la seconde moitié du xviiie siècle.

Mots clés : xviie‑xviiie siècles, Bordelais, vin, courtier, intermédiaire, intermédiation commerciale, marché, qualité

Abstract:

The French system of wines brokerage in the xviith and xviiith centuries is regulated by royal edicts but also by regional characteristics, in link to their old urban origin. So, if the official brokerage disappears in Champagne and in Burgundy in the second half of the xviiith century, for the benefit of the commission agents, it’s not the same in Bordelais. Moreover, the brokers occupied a real role in the definition of the hierarchies and the qualities of wines, thanks to a complex reorganization of the brokers’ corporation. This corporation was divided between royal brokers and patented brokers, but it remained important, in spite of the activity of unofficial agents, called flying brokers. It is necessary to consider several explanations, in link with the professionalization of the wine brokers’ corporation of Bordeaux, but also with the quantitative and qualitative transformation of the wines’ market. Indeed, brokers had an excellent knowledge of the vineyard and wines. Furthermore, their role to defend the producers and the quality of the wine-producing hinterland establishes an essential determiner of the preservation of the brokerage in Bordelais, beyond the questionings of the second half of the xviiith century.

Key words: xviith‑xviiith centuries, Bordelais, wine broker, intermediary, commercial intermediation, market, quality